Comment construire ou rénover une toiture ?

Comment construire ou rénover une toiture ?

La toiture, qu'elle soit plate ou pentue, a pour mission de protéger le gros œuvre contre l'infiltration des eaux de pluie et la pénétration de poussières, de grêle, de neige poudreuse, mais aussi d’intrus de type insectes ou oiseaux. Sa position, la plus haute du bâtiment, en fait une source importante de pertes ou d'économies d’énergie, selon les performances des matériaux qui la composent et la qualité de sa mise en œuvre.

Voici les points essentiels à vérifier pour construire ou rénover une toiture dans le respect des règles de l’art et des normes de sécurité.

Préparation du projet 

Le projet est amorcé, mais il est encore temps d'adapter quelques détails sans affecter le délai de livraison du chantier.

Une autorisation est-elle nécessaire ?

Inévitable en construction, l'autorisation préalable en cas de travaux de rénovation et de réfection de toiture est moins évidente. Dans les faits, le maître d’ouvrage peut se passer de cette procédure pour toutes les actions qui consistent à rétablir l’aspect initial de la toiture : remise en l’état, remplacement de gouttière, réparation d’une cheminée…

En revanche, si les travaux impliquent la transformation du toit, l'agrandissement de sa surface ou encore l’ajout d’une construction annexe, le projet doit être déclaré auprès des autorités compétentes. Grâce aux éléments communiqués dans le formulaire de déclaration préalable des travaux (DP), la mairie peut vérifier si le projet est en accord avec les règles d’urbanisme en vigueur.

Évaluer l’ampleur des travaux

Une fois les démarches administratives réglées, il reste à évaluer l’ampleur du chantier et faire le point sur les matériaux à se procurer avant le début des travaux de construction ou rénovation.

En construction neuve, la précision des plans tracés en amont garantit l'acquisition de tous les éléments nécessaires dans les quantités et les dimensions qui s’imposent.

En rénovation, c’est l’étude du terrain qui permettra d’obtenir ces précieuses informations. Par exemple, sur une toiture à deux pans en tuile, le retrait d'éléments de couverture sera l’occasion d'examiner la charpente. Les chevrons ou les pannes, présentent-ils un état de dégradation avancé ? Si oui, le professionnel doit veiller à l'acheminement des produits nécessaires à leur remplacement.

Par ailleurs, l'origine du désordre doit être mise en lumière afin d'éviter que la nouvelle installation ne souffre des mêmes maux. S’agit-il d’un défaut de ventilation ? D’une mauvaise gestion des remontées capillaires ? D’un désordre accidentel non traité ? Une fois les causes identifiées, le traitement approprié pourra être réalisé avant ou parallèlement aux autres travaux portant sur la toiture.

Matériaux nécessaires selon les toitures

Accessoires d'étanchéité, écran pare-vapeur, panneaux isolants, revêtement… Voici les éléments à déployer en toitures plates ou pentes.

Travaux sur toitures traditionnelles

En construction ou rénovation de toiture traditionnelle en pente, les éléments à travailler sont :

  • la charpente, en bois, avec fermette ou métallique ;
  • l'écran sous-toiture ;
  • les éléments de couverture et de finition propres à chaque matériau.

Les toitures pentues sont le plus souvent recouvertes d’ardoise ou de tuiles. Les habitats conçus et rénovés dans une optique de réduction de l’empreinte carbone du bâtiment font aussi régulièrement appel à des matériaux biosourcés comme la paille ou le bois. Si la plupart de ces solutions reposent sur des fondations similaires, certains éléments de fixation sont susceptibles de différer.

Travaux sur toitures-terrasses

La construction d’un toit-terrasse mobilise différents matériaux à chaque étape :

  • l’élément porteur : en béton, en tôle, en bois… Il s’agit de la partie supérieure résistante du gros œuvre ;
  • l’écran pare-vapeur : une membrane dont les propriétés réduisent les phénomènes de condensation, prévenant ainsi la détérioration des matériaux isolants ;
  • l’isolant thermique : laine de verre, laine de roche, panneaux de liège, polystyrène, chanvre, laine de bois… ;
  • le revêtement d'étanchéité : les produits d’étanchéité, que sont les membranes bitumineuses et synthétiques ou encore l'asphalte coulé, protègent le toit-terrasse des conditions climatiques extérieures ;
  • la protection du revêtement : le revêtement est lui-même protégé par des matériaux meubles, durs ou un sol végétalisé ;
  • les accessoires : bande solin, pare-gravier, dispositifs d'évacuation des eaux pluviales…

Attention, les conditions d’accessibilité du toit-terrasse déterminent en partie les caractéristiques de la toiture. Certains toits sont exclusivement réservés aux intervenants professionnels, d’autres sont ouverts au public et sont même conçus pour la circulation et le stationnement de véhicules.

Précautions de mise en œuvre

Les professionnels qui évoluent en hauteur doivent bénéficier de conditions de sécurité optimales, sur toiture-terrasse ou pente. L’OPPBTP attire l’attention des employeurs, maîtres d'ouvrage et maîtres d'œuvre sur les risques de chutes :

  • de toit, de terrasse ou depuis les verrières et les éléments de couvertures fragilisés ;
  • d'échafaudage, au moment du montage, du démontage ou cours de leur utilisation ;
  • d’échelles et d'escabeaux.

S’ajoutent à cela les risques encourus par les riverains et les passants en cas de chute d’objets en provenance de la zone du chantier. La mise en place de dispositifs de protection collective permet de réduire ces risques. Il s’agit notamment des garde-corps à installer dans le respect des normes applicables aux plans de travail sensiblement horizontaux, comme en toiture-terrasse (NF P 93 440), et celles applicables selon la pente du toit (NF EN 13374, classe B ou C.).

En l’absence de protection collective, les équipements de protection individuelle (EPI) prennent le pas. Pour réduire les risques, les intervenants sont équipés de harnais de sécurité avec système antichute relié à un point d’ancrage.

Rikksen

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